La demande de libre en France

Les marchés publics sont l’un des moteurs de la croissance du libre en France. De nombreuses administrations ont déjà basculé vers le libre. Parmi les outils open source les plus utilisés on compte la suite open office ou encore les outils de gestion de processus métier. La gendarmerie nationale, précurseur en matière d’équipement Open Source, le ministère des finances et l’assemblée nationale ont déjà fait le pas, et en 2007 c’est au tour du ministère de l’agriculture et de la pêche de franchir le pas en s’équipant d’open office, soit une économie de 45% sur le coût total de possession. La gendarmerie utilise également Mozilla Firefox et Mozilla Thunderbird en remplacement de Internet Explorer et de Outlook. Néanmoins, ce constat optimiste est à tempéré légèrement. Les commandes viennent de l’Etat, attiré par les économies d’échelles que n’ont pas les collectivités locales plus petites. Ces collectivités constituaiennt donc déjà un véritable marché à conquérir pour le libre.

Le secteur bancaire est aussi demandeur d’Open Source. Pour exemple, chez Linagora, qui est une SSII spécialisée dans les logiciels libres réputée, la part du chiffre d’affaire du secteur bancaire tendait à dépasser celle des marchés publics.

Les grandes entreprises industrielles suivent aussi. Début 2007, PSA a fait l’annonce du
déploiement d’une solution Linux pour environ 2500 serveurs mais surtout pour 20 000
postes de travail sur les 75 000 que compte le constructeur. PSA n’en est pas à ses premiers pas dans l’univers du libre. En effet, PSA appartient à un consortium créé en mai 2003 qui a pour but de favoriser le développement du logiciel libre Scilab, fruit du travail des écoles de l’INRIA et l’ENPC depuis 1990. Scilab est un logiciel de calcul numérique. Il est l’équivalent de Matlab (de la société The MathWorks) qui est très largement la référence en matière de logiciel de calcul numérique. Le consortium compte à ce jour 13 membres : Appedge, Axs Ingénierie, Cril Technology, le CEA (Commissariat à l’énergie atomique), le CNES (Centre national d’études spatiales), Dassault Aviation, EDF, l’ENPC, Esterel Technologies, l’INRIA, PSA Peugeot Citroën, Renault et Thales.

Autre projet d’envergure, Topcased, qui est un logiciel d’ingénierie assistée par ordinateur dont la communauté s’articule autour d’un consortium et du pôle de compétitivité AESE « Aerospace valley » du Midi Pyrénées et d’Aquitaine. France Télécom, Thomson et Airbus avaient besoin d’un logiciel d’une durée de vie de 40 ans pour tenir la durée du cycle d’innovation ou du cycle de vie du produit. C’est de ce constat que naît le projet Topcased en Open Source.

Utiliser des logiciels libres tels que la suite bureautique open office ou le navigateur Firefox constitue déjà un premier contact avec l’Open Source. Ces logiciels se diffusent de plus en plus, ce qui permet d’augmenter la reconnaissance et la confiance dans le logiciel libre. Il apparaît qu’après avoir expérimenté l’Open Source sur des domaines relevant essentiellement de l’infrastructure (sécurité, système d’exploitation, base de données, navigateur web), les clients n’hésitent plus à franchir le cap avec des migrations d’envergure dans ces domaines ou bien à tenter l’expérience Open Source pour des ERP, du Business Intelligence, du travail collaboratif, de la gestion de contenu (CMS), des portails, etc. Il sera d’autant plus facile de proposer des produits Open Source à des PME si ces dernières sont déjà familiarisées avec les « produits star » du genre.

Si l’on s’accorde à dire qu’il existe une véritable demande de libre en France, nous devons rentrer plus dans le détail afin d’identifier les motivations des utilisateurs à s’orienter vers le libre.

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